Présentation du département du Nord

   

Carte du département du Nord

 
   

Le Nord, terre d’accueil, vous souhaite la bienvenue…

 

Département le plus peuplé de France (2,6 millions d’habitants ; Paris : 2,235 ; Bouches-du-Rhône 1,9), le Nord profite de ce congrès de l’ONM pour se présenter à vous et rectifier son image, trop souvent résumée à des clichés excessifs et dépassés (les courées, les corons…) ou à des ignorances coupables. Terre natale du général de Gaulle -père de notre Ordre, faut-il le rappeler ?- notre département se caractérise par une géographie tourmentée, fruit d’une histoire tourmentante : de Dunkerque qui vous accueille à Anor, la commune la plus au sud, 203 km de distance, mais à hauteur d’Armentières, seulement 8km de large (30 km pour la façade maritime, 70 km de la Belgique aux limites du Cambrésis) ! Notre département, de fait, est né des conquêtes de Louis XIV (1659, 1678 principalement) rassemblées dans un mélange hétéroclite auquel seul le temps finira par donner son homogénéité et sa personnalité ; avec même une singularité rare : 3 communes, autour de Mœuvres, enclavées dans le Pas de Calais.)

Terre de conquête marquée par les Romains (Bavay fut jusqu’au IV° s. capitale de l’Europe du Nord-Ouest) notre sol est meurtri par les conflits les plus sanglants, depuis la guerre des Gaules jusqu’à 1944, avec des noms tristement célèbres comme Malplaquet, Denain, Wattignies et plus avant encore Bouvines dont on célèbre cette année les 800 ans et que beaucoup d’historiens considèrent comme l’acte de naissance de la France telle que nous la connaissons. Sans oublier, en cette année du centenaire de la Grande Guerre, Maubeuge, dont la résistance début septembre 1914, fera dire à Joffre que son sacrifice a permis la victoire de la Marne, qui sauva Paris de l’occupation et la France de l’humiliation. Et comment ne pas citer dans ce martyrologue des poilus des noms comme Hazebrouck, la cité-martyre de l’abbé Lemire, Le Cateau, Cambrai et tant d‘autres le long de la ligne des tranchées où sont tombés des centaines de milliers de nos ancêtres ?

Si on a un peu oublié Hondschoote et la bataille des Dunes (1658), Dunkerque même a payé à plusieurs reprises de son sang ce rôle tragique et stratégique du Nord : tout le monde se souvient du camp retranché de 1940, qui permit au prix de sacrifices énormes et de destructions quasi totales le réembarquement de milliers de soldats, premier échec des armées hitlériennes. Dunkerque se singularisa à nouveau en 1944-45 en devenant l’une des poches où l’occupant prolongea pendant des mois l’occupation et la résistance aux armées libératrices des Alliés. Et ce ne sont là que quelques exemples d’une bravoure chèrement payée : ici, nombre de villes ont bien mérité de la patrie, se sont valu des citations, portant la médaille militaire, la croix de guerre ou la Légion d’Honneur !

Aux fureurs du passé ont succédé fort heureusement les ferveurs du présent : aujourd’hui c’est dans une paix durablement établie et au cœur d’une Europe durablement réconciliée avec elle-même que les beffrois de nos villes se dressent fièrement, malgré les aléas d’une difficile reconversion économique toujours en cours. Terre d’efforts et de souffrances, le Nord n’a pas à rougir de son passé ; il pâtit certes des aléas de son présent mais il croit résolument en l’avenir et Dunkerque est pour celui-ci un pari réussi, un atout sans pareil. Compagnons de l’Ordre National du Mérite, la terre natale de Charles de Gaulle est heureuse de vous accueillir : vos mérites personnels font de vous tout naturellement des citoyens de notre terre !

 
   

Département du Nord

 

LA CHANSON DU PETIT QUINQUIN

 

ALEXANDRE DESROUSSEAUX né en 1820, dans le quartier St sauveur à Lille. Père du " P'tit Quinquin ", l'hymne des gens du Nord, berceuse crée en 1853 et écrite en patois Lillois . Ce chansonnier Lillois (employé municipal ) a écrit des centaines d'œuvres ( cinq volumes de Chansons et Pasquille ), jusqu'à sa mort en juillet 1892. En 2003 , Le P'ti Quinquin a fêté ses 150 ans...!

 

Quinquin_statue

Quinquin_entière

   

Le monument du P’tit Quinquin, sculpté en 1902 par Eugène Delpechin,

rend hommage à Alexandre Desrousseaux le chansonnier Lillois du XIXème siècle

 

Nous irons dins l'cour Jeannette-à-Vaques,

Vir les marionnett's. Comme te riras,

Quand t'intindras dire: un coups pou Jacques

Pà d'porichinel qui parl' magas.

Te li mettra din s'menotte,

au lieu d'doupe, un rond d'carotte

it'dira merci

Pins' comme nous arons du plaisi

Nous irons dans la cour de Jeannette-aux-vaches

Voir les marionnettes. Comme tu riras,

Quand tu entendras dire : »Un sou pour Jacques ! »

Par le polichinelle qui parle mal.

Tu mettras dans sa menotte

Au lieu de sou, un rond de carotte !

Il te dira merci,

Pense comme nous aurons du plaisir !

   

Dors min p'tit Quinquin Min p'tit pouchin min gros rogin

Te m'fras du chagrin si te ne dors poin ch'qu'à d'main.

Dors, mon petit bébé, mon petit poussin, mon gros raisin !

Tu me feras du chagrin si tu ne dors pas jusqu’à demain.

   

Et si par hasard sin maite s'fâche,

Ch'est alors Narcisse; que nous rirons!

sans n'avoir invi', j'prindrai m'nair mache

J'li dirai sin nom et ses sournoms,

J'li dirai des faribolles

I m'in répondra des drôles;

Infin un chacun

Vera deux pesta'c au lieu d'un

Et si par hasard son maître se fâche,

C’est alors, Narcisse, que nous rirons.

Sans en avoir envie, je prendrai mon air méchant,

Je lui dirai son nom et ses surnoms !

Je lui dirais des fariboles,

Il m’en répondra des drôles,

Enfin, chacun

Verra deux spectacles au lieu d’un…

   

Dors min p'tit Quinquin Min p'tit pouchin min gros rogin

Te m'fras du chagrin si te ne dors poin ch'qu'à d'main.

Dors, mon petit bébé, mon petit poussin, mon gros raisin !

Tu me feras du chagrin si tu ne dors pas jusqu’à demain.

   

Allons serr' tes yeux, dors min bonhomme

J'vas dire eun' prière à P'tit-Jésus

Pou'qui vienne ichi, pindant tin somme,

T'fair' rêver qu'j'ai les mains plein d'écus,

Pour qu'i t'apporte eun'coquille,

Avec du chirop qui guile

Tout l'long d'tin minton

Te pourlèqu'ras tros heur's de long

Alors, ferme les yeux, dors ,mon bonhomme,

Jvais dire une prière à Petit Jésus

Pour qu’il vienne ici, pendant ton somme,

Te faire rêver que j’ai les mains pleines d’écus !

Pour qu’il t’apporte une brioche

Avec du sirop qui dégouline

Le long de ton menton,

Tu te pourlècheras pendant trois heures !

   

Dors min p'tit Quinquin Min p'tit pouchin min gros rogin

Te m'fras du chagrin si te ne dors poin ch'qu'à d'main.

Dors, mon petit bébé, mon petit poussin, mon gros raisin !

Tu me feras du chagrin si tu ne dors pas jusqu’à demain.

   

L'mos qui vient, d'Saint'Nicolas ch'est l'fête.

Pour sûr, au soir, i viendra t'trouver.

It f'ra un sermon, et t'laich'ra mette

In d'zous du ballot, un grand pannier.

I l'rimplira, si tes sache

d'séquois qui t'rindront bénache,

San cha, sin baudet

T'invoira un grand martinet.

Le mois prochain, de Saint-Nicolas c’est la fête,

Pour sûr, le soir, il viendra te trouver.

Il te fera un sermon et te laissera mettre

Sous la cheminée un grand panier…

Il le remplira, si tu es sage,

De choses qui te rendront heureux,

Sinon, son âne

T’enverra un grand martinet.

   

Dors min p'tit Quinquin Min p'tit pouchin min gros rogin

Te m'fras du chagrin si te ne dors poin ch'qu'à d'main.

Dors, mon petit bébé, mon petit poussin, mon gros raisin !

Tu me feras du chagrin si tu ne dors pas jusqu’à demain.

   

Ni les marionnettes, ni l'pain n'épice

N'ont produit d'effet. Mais l'martinet

A vit rappagé l'petit Narcisse,

Qui craignot d'vir arriver l'baudet

Il a dit s'canchon dormoire

S'mèr, l'a mis dins d'nochennoire

A r'pris son coussin,

Et répété vingt fos che r'frain.

Ni les marionnettes, ni le pain d’épice

N’ont produit d’effet, mais le martinet

A vite calmé le petit Narcisse

Qui craignait de voir arriver l’âne.

Il a dit sa berceuse,

Sa mère l’a mis dans son berceau,

A repris son coussin

Et répété vingt fois ce refrain.

   

Dors min p'tit Quinquin Min p'tit pouchin min gros rogin

Te m'fras du chagrin si te ne dors poin ch'qu'à d'main.

Dors, mon petit bébé, mon petit poussin, mon gros raisin !

Tu me feras du chagrin si tu ne dors pas jusqu’à demain.

Président(e) de la section

M. Marc DERASSE